« L'Univers est vaste. Ses paysages, sa faune, sa flore, ses cultures et ses mystères sont d'une innombrable variété et l'histoire qui a façonné les mondes est trop longue pour être résumée. Ainsi, les érudits étudient et consignent les facettes de cette réalité en de larges ouvrages. C'est en l'un d'eux que vous trouvez réponse à vos questions. »
Sous ses airs de noblesse, le Culte de la Gardienne enchâsse les Alfars qui le pratique, les soumettant aux Dyrvars qu'ils doivent servir et aider. - Chancey Norwich, Sorcière du Nord
Au milieu d’une des soirées bruyantes du Capitole, un Corthir et une pèlerine Warabouc se fracassent crâne contre crâne. La pèlerine, semblant en désavantage, recule, avant de bêler une prière à sa divine aïeul, enveloppant ses mains d’une ardente aura. Face à cette nouvelle menace, son adversaire dégaine de sa tunique une lame de la taille de l’avant-bras de son adversaire… Soudain, alors que tout semblait parti de mal en pis, un chant résonne, clair au milieu du brouhaha ambiant. Immédiatement, comme si sapés à la source, les pouvoirs conférés par Wara disparaissent, tandis qu’un voile de calme tempère l'agressivité des yeux de son adversaire. “Que se passe-t-il, ici ?” La même voix qui avait chanté une seconde plus tôt résonne de nouveau. Tournant le regard vers les cieux, tous virent l’arrivée d’une patrouille composée d’un Alfar et de trois Arins. Les moins belliqueux passants assistant à la scène soupirent de soulagement. Encore une fois, ils étaient arrivés à temps, et, par la grâce de la Gardienne, nul force n’aurait à être utilisée ce soir.
“Protéger… Enfants de la Gardienne… Ce serait plus simple… Si c’était pas tous des ABRUTIS !” - “Du calme, Vincent… C’est à nous de le leur apprendre…” Le Manar marche dans un épais bosquet de ronces pour atteindre son objectif, portant sur son épaule sa sœur d’adoption et envoyée de la Gardienne, une petite Alfar noire comme le jais et haute comme trois pommes. Après deux autres pénibles heures, il finit par arriver à son objectif : un village de Sauriens se plaignant d'être récemment attaqué par des Dyrvars inconnus, et demandant l’intervention du Capitole. Malheureusement, la scène désolée devant lui semble lui indiquer qu’il est trop tard… Le village est exsangue, les maisons et les corps calcinés. “Par les affres du Premier Âge…” dit-il, serrant le poing alors que sa soeur posait une petite main sur sa joue. “Nous sommes arrivé trop t-” - “Attention, derrière toi !”
Le Manar s’élance vers l’avant, évitant de peu l’immense appendice poilu tentant de le faucher. Se relevant, il fixe l’ombre derrière lui, ne pouvant voir rien de plus que l’imposante silhouette du Dyrvar qui le fixe, grognant. “Je suis Vincent Nöfund, envoyé du Capitole et Prêtre de la Gardienne… Je ne suis pas votre ennemi !” proclame-t-il en levant les mains. Aucune réponse, seul ce même grognement, menaçant. “Il n’a pas l’air de nous vouloir du bien”, dit sa sœur. Claquant légèrement la langue d’agacement, il se concentre et puise dans l’amour de la Gardienne qui l’accompagne à chaque instant. A côté de lui, sa sœur se met à briller, emplie de piété, et, alors que le Dyrvar fait un premier pas dans leur direction, pousse un cri mélodieux. Pendant quelques instants, le monde se tait autour d’eux… Puis, un rugissement imposant retentit, non loin, détournant l’attention du Dyrvar alors que quoi que ce soit qui a répondu à l’appel de la Gardienne ne commence à courir vers leur position. Profitant de la distraction de son adversaire, Vincent se met à fuir : la bête saurait se débrouiller, et, sans autres alliés, son utilité en combat était bien limitée.
Répartis au travers des tribus Dyrvars, les prêtres de la Gardienne sont les garants du mode de vie ancestral des Alfars et des Dyrvars, porteurs de traditions transmises directement par les Dieux eux-mêmes. Servant souvent de nourrices, de médiateurs ou encore d’historiens, les sages conseils qu’ils donnent sont écoutés de tous les Dyrvars : même les terribles Wülfirs écoutent leurs paroles, et réfléchissent à deux fois avant d’attaquer un prêtre de la Divine Amante. Cette position neutre est aidée par un culte parmi les plus pacifistes, avec celui de Janus (et feu celui de Pilinas). Les commandements de ce culte, librement partagés, reflètent cette position :
Aime ton prochain, malgré la différence.
Aime le perdu, malgré sa détresse.
Aime ton ennemi, malgré la rancœur.
Aime toi toi-même, malgré tes défauts.
Protège l’harmonie des Enfants de la Gardienne.
Bien que le rôle des prêtres de l’Amour soit crucial, le nombre d’Alfars restés fidèles à la Gardienne n’est pas suffisant pour aider les tribus Dyrvars autant que le voudrait le Culte. Depuis l’investiture de Myrrith Drüsen en tant que Champion de l’Amour, une nouvelle doctrine tente de faire face à cette situation : le recrutement de prêtres non-Alfar au sein des ordres de la Gardienne. Bien qu’il n’ait jamais été prohibé, ces dernières décennies ont vu une recrudescence de messages invitant Dvars, Manars, et surtout Alfars Sombres à rejoindre la Tribu en se dévouant à la Mère de tous les Dyrvars.
En devenant prêtre de la Gardienne, un Ars embrasse pleinement son amour, et l’amour qu’elle porte à tous les Dieux et leurs descendants. Appelant à lui cet amour, il est capable de calmer les ardeurs de ses interlocuteurs ou d’aider à la communication, pour que le langage ne soit plus une barrière. L’amour de la Gardienne est également connue comme capable de soigner même les plus profonds traumatismes, et ses prêtres font d’excellents psychologues, certains choisissant même d’ouvrir des asiles si leur situation le permet.
Bien que le Culte de la Gardienne soit connu comme étant l’un des plus faibles en combat, ceux qui les pensent sans défense déchantent rapidement : les prêtres d’autres Dieux tentant d’attaquer un prêtre de la Gardienne voient rapidement leurs pouvoirs disparaître, alors que leur Dieu refusent de prendre part à un acte si sacrilège. La nature elle-même semble leur venir en aide, alors qu’animaux volent parfois à leur rescousse quand ils appellent à l’aide. Plus surprenant encore, il est dit qu’il arrive que des familiers d’autres Dieux soient envoyés pour venir à l’aide des plus fervents fidèles de leur amante, leur donnant une polyvalence hors du commun.