« L'Univers est vaste. Ses paysages, sa faune, sa flore, ses cultures et ses mystères sont d'une innombrable variété et l'histoire qui a façonné les mondes est trop longue pour être résumée. Ainsi, les érudits étudient et consignent les facettes de cette réalité en de larges ouvrages. C'est en l'un d'eux que vous trouvez réponse à vos questions. »
Bien que les mortels aient effectivement besoin de structure, je doute que s'enchaîner à des cultes d'un âge passé soit la bonne solution. - Chancey Norwich, Sorcière du Nord
Les Cultes Sauvages sont à la fois des organisations et des magies, toutes deux articulées autour d’entités divines, les Dieux Sauvages. Chaque divinité incarne un aspect différent de la Vie et de l’Arsité. Ce sont des entités anciennes, immortelles et puissantes, ancêtres des Dyrvars et des Alfars. Un pratiquant de Culte Sauvage, contrairement à ceux d’autres magies, n’est ici pas à l’origine de sa propre puissance : il n’en est que le conduit et manipulateur, donnant forme, en ce monde, à la volonté de sa divinité.
Cependant, tous n’ont pas la capacité d’être ainsi le conduit d’énergies divines. Tandis que les Dyrvars & Alfars, descendant des Dieux, peuvent accueillir dans leur corps la puissance de leur aïeul, les autres races semblent en être incapables. Quand celles-ci rejoignent un clergé, un messager divin, un animal à l’image de leur divinité, leur est confié. Ce compagnon de foi, qui devient leur plus proche allié et confident, est le médium par lequel leur divinité leur octroie ses grâces et ses bienfaits. Malheureusement, c’est également là leur plus grand point faible : séparés de leur compagnon, le divin ne peut les atteindre.
Bien qu'il existe des Cultes Sauvages pour chaque divinité, tous ne sont pas compatibles avec les obligations de Gardiens de l'If. Voici la liste de ceux qui peuvent, en général, être activement pratiqués par les Gardiens et utilisés dans leurs activités :
Les Cultes Sauvages ne se basent majoritairement pas sur la recherche ou sur l’introspection : un prêtre n’est seulement aussi puissant que son Dieu le désire. Afin de pouvoir s’élever au sein de son Culte et d’en utiliser les pouvoirs, le pratiquant doit ainsi faire preuve de vertue auprès de celui-ci, et agir de concert avec les ambitions et valeurs de sa divinité.
La première étape sur ce chemin est la Prière. En priant, les pratiquants peuvent attirer l’attention de leur bienfaiteur, qui leur accorde une infime partie de son pouvoir, sous la forme d’une énergie appelée Piété. C’est cette Piété qu’ils utiliseront ensuite pour utiliser les différents Miracles octroyés par leur divinité.
Cela dit, la Prière est bien loin d’être la seule, ou même la principale, manière qu’à un pratiquant d’exprimer sa foi. Seule, elle ne permettra jamais à un croyant de progresser : pour ce faire, il doit incarner les valeurs de son Dieu, par ses paroles et ses actes. Pour guider leurs croyants, les Dieux ont laissé, avant de partir, des Commandements divins. Chaque culte a des commandements différents, parfois publics — comme pour le Culte de l’Amour — et parfois inconnus des profanes - comme pour le Culte de la Pestilence.
Ces phrases, à la fois claires et cryptiques, invitent de nombreux débats théologiques parmi les croyants, mais une chose est sûre : c’est en agissant aux travers d’elles que les fidèles se voient récompensés, alors que leurs actions sont approuvées par le Divin.
Finalement, avec les Prières et les Commandements vient la dernière pièce de l’adoration divine : les Rites. Ce nom désigne les actions dont doit s’acquitter le croyant pour se prouver devant son Dieu. Certains sont réguliers et bénins, comme le Rite du Sang de Malta. D’autres, plus uniques, grandioses, et même dangereux, peuvent servir à juger un croyant digne d’atteindre un rang plus élevé, ou encore servir à l’obtention de faveurs exceptionnelles de la part de sa divinité tutélaire.
Il arrive que certains prêtres s’égarent, et que certains croyants, de manière volontaire ou non, n’effectuent des actions pouvant courroucer leur divinité. Quand tel est le cas, la déité en question fait souvent connaître son mécontentement au travers d’un châtiment. Bien que ceux-ci peuvent prendre de très nombreuses formes, ils sont souvent assortis, pour les pratiquants d’un Culte Sauvage, d’une restriction sur l’utilisation de leurs pouvoirs.
Même si les voies des Dieux sont impénétrables, l’expérience a permis au Capitole de classifier ces restrictions en 4 rangs, qui sont les plus courants :
Les restrictions dites Minoris, pour les infractions les plus mineurs, n’entraînent qu’une perte de ses pouvoirs pendant une période de temps limité, mais inférieure à un mois. De plus, il a été observé que dans ces châtiments, le prêtre pouvait regagner ses pouvoirs en cas de grave danger ou de nécessité imminente.
Les restrictions Majoris entraînent le retrait des pouvoirs à durée indéterminée. Si le prêtre a un familier, il est commun d’observer un départ de celui-ci. En général, il est attendu du prêtre qu’il accomplisse une tâche pour son Dieu afin de faire expiation de la faute commise.
Les restrictions Extremis sanctionnent les manquements les plus graves. Ces restrictions sont les plus hautes observées pour un acte involontaire. Les pouvoirs du prêtre sont scellés à jamais, sans chance de rédemption évidente. Bien que de telles restrictions aient pu être pardonnées par le passé, il s’agit de l’exception plutôt que la règle. On observe chez les Dyrvars que ce type de sanction peut causer une forme d’albinisme.
Les restrictions Terminus, les plus sévères, sont réservées aux prêtres choisissant sciemment de trahir leur Dieu des plus ignobles des façons. Dans de tels cas, les Dieux peuvent lancer sur le parjure de puissantes malédictions, si celui-ci n’est pas protégé par une autre force. De plus, s’il a un familier, ce dernier tentera très probablement de tuer le prêtre plutôt que de le laisser commettre un acte pouvant lui valoir une telle sanction. Tous les Dyrvars connus ayant subi cette sanction ont été frappés d’albinisme une fois celle-ci prononcée.
Les Cultes Sauvages ne s’expriment pas uniquement au travers de leurs fidèles. Parfois, le pouvoir des Dieux peut s’exprimer dans des lieux ou des objets consacrés. Qu’ils soient des échos du Premier Âge, à l’époque où les divins foulaient encore le sol de la Brèche, ou créées par leurs croyants, ces traces de leur sainte puissance sont disséminées à travers le monde.
Les objets bénis par un Dieu Sauvage sont communément appelés des Reliques. Elles sont divisées en 4 rangs : Mineures, Majeures, Saintes et Divines, en fonction de l’importance qu’elles revêtent pour un Culte, et des pouvoirs que le Dieu leur a attribué. Les Reliques Mineures et Majeures peuvent être créées par des prêtres du Culte, tandis que les Reliques Saintes, elles, ne peuvent être créées que par le Champion du Dieu en question. Finalement, les Reliques Divines, immensément rares, sont directement créées et remises par le Dieu, sans aucun intermédiaire.
Similairement, les lieux divins sont aussi répartis en 3 catégories : on parle d’Autels, de Temples et de Lieux Saints. Les deux premiers sont des lieux ayant été consacrés par la prière de prêtres et autres figures importantes du Culte, et imprégnés de l’aura de leur divinité tutélaire. Les Lieux Saints, eux, sont bien plus rares : ils témoignent d’un attachement profond d’un lieu à une divinité, si profond qu’il en est presque indissociable. Le Capitole de Gahrin, la Cathédrale Vermeille de Malta ou encore Skalheim pour le Culte de Mün sont des exemples de lieux ayant atteint ce statut.
Bien que les croyants de chaque Dieu s’organisent très différemment, une division en 4 degrés des pratiquants de Culte Sauvage se retrouve au travers de ceux-ci, semblant dater du Premier Âge. Il est important de noter ces stades de puissances observées n’ont parfois aucun rapport avec l’organisation séculaire du Culte.
Le premier stade est appelé au Capitole “Initié” : il s’agit d’un croyant venant d’éveiller ses premiers pouvoirs et — quand il ne s’agit pas d’un Dyrvar — d’accueillir son familier. Ceux-ci sont encore en train d’apprendre et de maîtriser les tenants et aboutissants de la pensée de leur Dieu, et doivent encore prouver à celui-ci qu’ils sont dignes de confiance. Si aucun impair n’est commis, le passage au deuxième stade est en général assuré.
Le deuxième stade, communément appelé “Prêtre” (mais encore une fois, des noms très différents existent de clergé en clergé), est celui auquel s'arrêtent la plupart des membres du clergé d’un Culte. Capables de créer des Autels et des Reliques Mineures, les prêtres sont aptes à parler au nom de leur Dieu dans la plupart des affaires courantes, et vivent leur vie dévoués à ses préceptes.
Le troisième stade, plus rarement atteint, est celui de “Haut Prêtre”. Seuls les plus dévoués à leur divinité peuvent l’atteindre : parangons des valeurs de celle-ci, son regard est souvent posé sur eux, et ils sont aptes à consacrer Temples et Reliques Majeures.
Finalement, le quatrième degré est le pinacle du Culte : le “Champion”. Élu destiné à exercer la volonté de sa divinité dans la Brèche, il ne peut y en avoir qu’un par Dieu. Eux seules peuvent créer des Reliques Saintes, et eux seuls sont aptes à invoquer leur Dieu à eux, pour que, pendant un court instant, le Divin marche une nouvelle fois parmi les mortels.