« L'Univers est vaste. Ses paysages, sa faune, sa flore, ses cultures et ses mystères sont d'une innombrable variété et l'histoire qui a façonné les mondes est trop longue pour être résumée. Ainsi, les érudits étudient et consignent les facettes de cette réalité en de larges ouvrages. C'est en l'un d'eux que vous trouvez réponse à vos questions. »
Les commandements du Culte de la Chasse sont plutôt simple, mais il est alarmant qu'il ne fasse aucunement la différence entre une proie Ars et une proie animale.. - Chancey Norwich, Sorcière du Nord
Dans la Forteresse d’Arkhos, Gilbert, un homme blessé, fend la foule, pourchassé. Qui ? Pourquoi ? D’où ? Comment ? La mâchoire serrée, Gilbert fixe son regard sur son prochain virage. Un tir fend l’air, droit vers lui ! Il plonge sur la gauche et se redresse d’une roulade. C’est gagné ! C’est gagné ? Son genoux gauche explose, comme en retard, dans un cri de douleur. “FUMIEEEEER !”
Il se traîne péniblement dans le couloir, sur une dizaine de mètres, puis écrase sa main gauche contre le mur pour s’y appuyer ne serait-ce qu’un instant. Soudain, ce même mur se brise sous l’impact d’un nouveau projectile. Une faille béante s’ouvre vers le centre de la forteresse. Comment savait-il qu’il était là ? Qu’il s’appuyait sur le mur à cet instant ? Comment l’a-t-il brisé ? Sans réponse, Gilbert tombe dans le vide.
Alors que son buste se gonfle, que ses poumons s’emplissent d’air pour hurler sa peur, une silhouette fend les cieux, une ombre venant des hauteurs de la ville, non, un homme. Celui-ci traverse le vide en un battement de cils pour empoigner Gilbert par la gorge et le réduire au silence. Tel un rapace, il écrase sa proie au plus profond d’Arkhos, lui arrachant son dernier souffle en scellant dans ses yeux agonisants le secret de son visage.
Au cœur du Nord, un Skald, perdu et blessé, échappe à un carnage. Tous ses frères sont morts et il ne tardera pas à suivre, mais ne serait-ce qu’une seconde de plus, il vivra. Recroquevillé derrière un roc, il sent un regard pesant sur lui, le regard d’un prédateur qui l’a retrouvé. Ce n’est pas la première fois qu’il sent ce regard. Il le sait, bientôt, une plume meurtrière viendra rejoindre celles qui perforent sa chair, le rapprochant un peu plus de la mort. Il sert les dents, se relève et fuit à nouveau … mais rien. Aucune douleur.
Face à lui, une montagne, et sur la face de cette montagne, une grotte. Une lueur perce l’ombre de la cavité et une rangée de pieux garde l’entrée de cet abri déserté. Est-il enfin sauvé ? Le Manar réunit ses dernières forces et plonge au-dessus de la barricade pour y trouver couverture. Il s’écrase à proximité d’un feu, le Froid reculant un peu, pour le mieux. Mais soudain … le sol de pierre gravé se met à luir d’une magie inconnue. Un cri, une déflagration, puis le silence.
Quelques minutes plus tard, un Dyrvar rejoint la scène du crime, un aigle sur l’épaule. Il plante une lame d’os dans le cadavre perforé du Skald et en fend la chair d’un geste froid, marquant l’heure d’un nouveau repas et la fin d’une journée ordinaire dans la Clairière du Nord.
Le Culte de la Chasse est l’un des Cultes Sauvages les mieux connus au sein de la Brèche. La Foi d’Arin, comme la Chasse elle-même, se répand depuis des temps immémoriaux, bien avant l’apparition des premières villes, bien avant l’apparition de l’arc et des flèches.
Ses prêtres sont nombreux et de tous les horizons. Un point commun les rassemble pourtant : la volonté de partir en chasse, de dédier sa vie à la traque et à la mise à mort de sa proie. La présence du Culte d’Arin a permis, au fil du temps, de faire entendre ses commandements sous la forme de proverbes à quiconque leur tend l’oreille.
Qui choisit sa proie, sait pourquoi.
Qui dévie de sa proie, dévie de Moi.
Qui sème la mort, chasse quand il dort.
Qui aime le ciel, étend ses ailes.
Qui chasse seul quand il veut, chasse uni quand il doit.
Ainsi, Arin arme une grande diversité de fidèles : des survivants luttant dans une terre hostile aux héros prenant les armes contre le Mal en passant par des criminels obsédés par leurs victimes. Le Culte de la Chasse convient parfaitement à ceux qui font de la traque et du meurtre leur quotidien. Il est ainsi particulièrement populaire dans la Sylve, la Clairière du Nord, les Terres Contestées et les milieux ruraux, partout ailleurs.
Les prêtres d’Arin sont des chasseurs implacables. De nature libre et bornée, ils choisissent leur proie selon leurs propres règles, faisant de sa traque et de son élimination leur priorité absolue. Qui partage leurs ennemis et s’accommode à leurs méthodes trouvera chez les fidèles d’Arin des alliés de choix.
Qui tombe en disgrâce à leurs yeux, cependant, ne peut espérer leur échapper. Ils suivent chaque trace, remontent chaque piste et sentent la présence de leur proie au-delà même du visible. Ils excellent au tir de précision, à l’arc comme au fusil. Leurs traits sont vifs, puissants et précis, plus que tout autre. Rapides et mobiles, ils demeurent en tout temps les Chasseurs et jamais les chassés.
Ennemis des Fils d’Arin, où que vous soyez, priez. Car Ses Chasseurs sont déjà sur votre piste. Un jour, Ils vous trouveront. Un jour, Ils vous tueront.