« L'Univers est vaste. Ses paysages, sa faune, sa flore, ses cultures et ses mystères sont d'une innombrable variété et l'histoire qui a façonné les mondes est trop longue pour être résumée. Ainsi, les érudits étudient et consignent les facettes de cette réalité en de larges ouvrages. C'est en l'un d'eux que vous trouvez réponse à vos questions. »
Gahrin fut, historiquement, le Dieu le plus vénéré avec Cora, chacun semblant incarné un aspect de la vie dans la Brèche auquel nul ne peut échapper... Et, pour l'heure, il semblerait que la Guerre ne soit pas encore prête à reculer. - Chancey Norwich, Sorcière du Nord
“Halte, malandrin” Le Gahr, sa cible, s’arrêta finalement alors que les mots de Grégoire fendirent le silence du matin. Lentement, le Dyrvar se tourna vers le Frel l’ayant appelé, le fixant d’un regard insondable. “Mon nom est Grégoire Montoya. Tu as tué mon père. Prépare-toi à mourir.” Sans attendre une réponse, le jeune homme se jeta sur son adversaire, qui dégaina sa lame pour parer. Dans un ballet aussi rapide que mortel, les lames s’entrechoquèrent, le crissement du métal prenant le pas sur tout autre bruit.
Finalement, une erreur. Le Frel frappa un peu trop loin, ne revint pas assez vite, et la lame de l’enfant de la Guerre en profita pour laisser une longue entaille sur son avant bras. Le Frel recula, mais le mal était déjà fait. “Non… Cela ne peut pas se finir comme cela… TOMBERUINE ! A MOI !” A ces paroles, l’arme du Frel sembla lui répondre : un anneau jaunâtre apparut à son poignet, et un véritable torrent de roche s’abattit sur son adversaire. L’un d’eux transperça son corps, une blessure à n’en pas douter incapacitante… Il l’avait fait…
Le Frel posa un genou à terre. “Père… Je l’ai fait… J’ai vengé votre honn-” Il ne put finir sa phrase alors que les roches face à lui explosèrent, révélant un Gahr bien plus imposant physiquement, lame déjà en fente alors que ses blessures semblaient se refermer. Grégoire, surpris par l’attaque, ne put réagir avant que la lame ne tranche sa gorge. Alors que son sang perlait sur le sol, il entendit une dernière phrase, dans un Gahvir parfait : “C’est la discipline, et non l’honneur, qui gagne des batailles. Ne pas vérifier ma mort fut ta dernière erreur.” Et, sans pouvoir répliquer, le jeune homme sombra dans les ténèbres.
Le Capitole. La terre sacrée de tous les Dieux. La représentation dans la Brèche de leur puissance divine. Mais, avant tout, le plus haut lieu de pouvoir de Gahrin, le Stratège de la Croisade Éternelle, le Général Ailé, l’Ange des Batailles. Un lieu qui fut imprenable pendant des siècles et des siècles… Notamment par la force de la Garde Prétorienne, des prêtres servant le Dieu-Oie et protégeant à jamais son sanctuaire.
“Barrage d’artillerie. Cohorte de la Chèvre, reculez. Cavalerie ailée, préparez-vous à charger !” - “Levez vos boucliers !” Les escouades de deux membres de la Garde s’affrontaient. L’une d’elle, obéissant à son commandant, entama un repli tandis que ce dernier semblait manipuler, par la seule force de sa volonté, une demi-douzaine de trébuchets pour tirer sur la formation adverse. Ceux-ci levèrent d’un commun accord leurs boucliers, qui se mirent à briller d’un éclat gris, les pierres semblant se fracasser dessus sans que la formation ne rompe. Alors que la cavalerie entama sa charge, comme demandé, le Prêtre de Gahrin fixa son vis à vis adverse. L’entraînement était crucial. Le Capitole était tombé une fois en mille ans. Plus jamais.
Peu de Cultes ont eu un impact aussi profond sur la Brèche que celui de Gahrin. Grâce aux conquêtes de Felger, il y a de cela plus d’un millénaire, l’influence de la Théocratie Gahr a durablement marqué les quatre coins de la Brèche, de Karna à l’extrême nord, si bien qu’aujourd’hui encore, le Gahvir est la langue la plus parlée de la Brèche, et vue comme la langue de la diplomatie.
Dans un monde aussi souvent en conflit que l’est la Brèche, l’influence de Gahrin n’a besoin que de peu d’effort pour se propager. Son livre sacré, “De l’art de la Guerre”, peut être trouvé de manière assez commune, contenant de nombreux proverbes, vagues et parfois contradictoires, qui servent de guide à son Culte, en lieu et place de commandements. En voici quelques exemples :
Qui veut la guerre prépare la paix.
Une bataille est perdue avant son commencement, mais n’est gagnée qu’à la toute fin.
La tactique sans stratégie, c’est la force appliquée sans raison.
Les vrais légendes se forment sur le champ de bataille. Même les “êtres de paix” sont jugés à la puissance de ce qu’ils ont bâti.
La guerre ne change jamais vraiment.
La paix n’a jamais été une option.
Le lieu de culte principal de Gahrin reste néanmoins le Capitole, d’où le Saint - son représentant dans la Brèche, s’asseyant dans le Trône même de Felguer - donne parfois des messages éclairant la volonté du Grand Stratéguerre Ailé. Malgré cela, le culte de Gahrin est un culte très décentralisé, prié en général par des mercenaires et soldats de tous bords.
Les Prêtres de Gahrin sont surtout utiles pour une chose : la guerre. Mais ils sont excellents dans ce domaine. Priant au travers de leurs escouades - car chaque ordre donné est vue comme acte de foi par leur Dieu - ils dévastent le champ de bataille, que ce soit avec leurs armes, leurs corps bénis, ou en utilisant d’autres miracles pour régner sur le champ de bataille et faire tourner le conflit à leur faveur.
Plus que des guerriers, les prêtres du culte sont connus pour leurs capacités de commandement, à tel point que certaines armées préfèrent battre en retraite face à un commandant Gahr, tant les défier en bataille rangée est réputé être pure folie. Car, loin d’être des combattants solitaires, c’est dans ce contexte que les prêtres de la Guerre excellent le plus, faisant don de leurs bannières à leurs chefs d’unité pour attribuer également la faveur du Grand Stratège, et transformant même une troupe de guerriers ordinaires en une menace apte à résister aux charges les plus violentes.