« L'Univers est vaste. Ses paysages, sa faune, sa flore, ses cultures et ses mystères sont d'une innombrable variété et l'histoire qui a façonné les mondes est trop longue pour être résumée. Ainsi, les érudits étudient et consignent les facettes de cette réalité en de larges ouvrages. C'est en l'un d'eux que vous trouvez réponse à vos questions. »
Le Culte de la Putréfaction et les Zels semblent avoir une approche radicalement différente de la maladie que nous autres, Alfars de Lumière, avons grâce à nos perceptions des essences. Si nous arrivions un jour à parfaitement nous comprendre, qui sait quelles progrès nous pourrions découvrir. - Chancey Norwich, Sorcière du Nord
Dans les souterrains d’Herrenfeld, le vilain connu dans l’Empire sous le nom de “Fäulnis” laisse tomber le cadavre boursouflé, sur lequel des mouches commencent déjà à planer. L’antique exosquelette strömique l’entourant, rouillé depuis bien longtemps, grince alors qu’il fouille dans la poche de sa victime, afin d’y trouver la clé d’identification pour accéder à une section des bassins d’eau potable de la ville… Après quelques secondes, il sent finalement la forme reconnaissable sous son gant rapiécé, et un rire souffreteux résonne entre les parois du conduit d’entretien dans lequel il se trouve.
Dans les profondeurs d’une vieille forêt, au sud de Leviosa, une Frel, l’air exténué, avance, lame en main. Scrutant les alentours par crainte de bandits, elle continue sa difficile progression, un baquet maintenu droit sur son dos. Finalement, face à elle apparaît une petite clairière au centre duquel un cairn de chaire putréfiée se dresse fièrement. Remarquant son arrivée, des créatures semblent se tourner pour venir à sa rencontre : les Zels, les enfants de la Mère de la Putréfaction. La Frel s’effondre presque à leur vue, la fatigue et le soulagement submergeant son corps.
“Sauvez-le… Je vous en supplie…” dit-elle, posant le baquet au sol et l’ouvrant pour y révéler un enfant d’à peine cinq ans, la moitié de son corps déformé en horreur abject par une maladie innommable. Les mouches humanoïdes bourdonnent entre elles, parlant dans leur langue arcane, et pendant un court instant, la Frel craint qu’ils ne refusent… Mais finalement, une pâte noiratre et poilue se pose sur le front de son enfant, alors que la maladie narguant même les meilleurs médecins de Lumos commença à reculer à vue d’oeil : “Tienne n’est pas encore l’heure ne pourrir”
Le Culte de Zazel est un culte des plus particuliers. Présent depuis le Premier Âge, il ne se mêle que rarement aux affaires communes, préférant un mode de vie presque isolationniste. D’un aspect aussi repoussant que terrifiant, les Zels et autres cultistes de Zazel sont vus à la fois comme une calamité, mais également comme des sauveurs, aptes à causer comme à arrêter la plus terribles des épidémies si tel est la volonté de la Mère de la Pestilence.
Fort heureusement, la grande majorité d’entre eux se contentent de vivre, répandant la putréfaction au sein de leurs villages et ne s’étendant presque jamais au-delà, leurs rares contacts avec l’extérieur venant d’individus désespérés demandant leur aide. De ces interactions, deux commandements du Culte de Zazel ont fini par être connus des érudits de la Brèche :
Tu cultiveras la vie sous toutes ses formes.
Tu embrasseras la maladie et chériras la putréfaction.
Face à cette attitude passive, les différents seigneurs de la Brèche tendent à poliment ignoré les Zels sur leurs terres, car s’en prendre à eux vient toujours avec un lourd prix. En effet, la Déesse de la Putréfaction prend soin de ses enfants, et quiconque tue un Zel ou un choisi de celle-ci s’expose à son courroux et à des maladies que la médecine a toutes les peines du monde à soigner.
Il existe, cependant, au sein du Culte de Zazel, des anomalies. Parfois des Zels, parfois des cultistes d’une autre race, ils sont, à l’inverse de la quasi-totalité de leurs co-croyants, très actifs. Les “Candidats”, car ainsi semblent-ils être appelés parmi leur Culte - même si aucun cultiste ne semble vouloir révéler à quoi ils sont exactement candidats - travaillent ardemment, effectuant des tâches parfois sans queue ni tête, et investis d’un zèle quasi-fanatique. Tous prétendent agir au nom de la Faiseuse de Maladies, mais leurs objectifs et moyens semblent si divers, et parfois contradictoires, qu’il semble compliqué de croire que ce soit directement le cas.
Bien que certains de ces zélotes aient un impact positif, voir aucun impact, sur les peuples de la Brèche, il arrive que d’autres d’entre eux ne montrent l’étendue des pouvoirs conférés par leur divinité tutélaire, semblant brasser et déchaîner d’immondes pestes sur leur passage. Face à de tels individus (heureusement rares), les nations n’ont en général d’autres choix que d’employer la force pour les faire cesser, quitte à devoir perdre des guerriers au Courroux de Zazel.
Ces rares combats sont la plus grande source de savoir sur les pouvoirs donnés par la Mère de la Putréfaction dans de telles situations. Face aux armes, ses prêtres semblent ainsi recourir à des infections particulières, créées spécialement dans ce but afin de saper les capacités adverses. Capables de rouiller les armes et armures leur faisant face, il est également dit que certains prêtres ont survécu à des blessures qui auraient tué un Ars ordinaire, de la chair purulente comblant leurs blessures comme autant d’excroissances défiant l’ordre naturel.