Univers SAVOIR EST POUVOIR

« L'Univers est vaste. Ses paysages, sa faune, sa flore, ses cultures et ses mystères sont d'une innombrable variété et l'histoire qui a façonné les mondes est trop longue pour être résumée. Ainsi, les érudits étudient et consignent les facettes de cette réalité en de larges ouvrages. C'est en l'un d'eux que vous trouvez réponse à vos questions. »

L'union peut être une force comme une faiblesse. A force de trop dépendre des autres, on peut en devenir complètement dépendant. Cela dit, lorsque Malta est impliquée, les bénéfices dépassent de loin les désavantages. - Chancey Norwich, Sorcière du Nord

Le Culte de l'Union

Extérieur nuit, vieille bergerie, c'est mercredi. Au milieu de la campagne, quelqu'un était sur le point de voir sa nuit écourtée. Un prêtre de Malta, Frel de naissance et homme de foi par épuisement chronique. À ses pieds, ronflait Pelard, un mouton massif, laine grise tachetée de noir et cornes torsadées. On frappa à la porte. Pas la frappe respectueuse du matin. Non. Celle de la veille de mariage, quand les familles ont trop bu, trop réfléchi, et soudain un doute généalogique devient une urgence théologique. Un Moltos s'écria : "Prêtre ! On doit savoir ! C’est consanguin cette affaire !" Une heure plus tard, le prêtre, se tenait dans une grange décorée pour la noce. La mariée pleurait. Le marié transpirait. Les deux familles se dévisageaient comme si un Skald furtif s'était glissé dans l'assemblée. 

Bram se plaça entre les deux mariés, Pelard à ses côtés. Le mouton, mâchonnant une guirlande, ne semblait pas bien dérangé par les deux rubans sanguins sortant de ses flancs au fil de la prière de son Frel, reliant les futurs époux. Pelard éternua. Le sort trembla. Un oncle s’évanouit par précaution. Après un long silence, Bram hocha la tête. "Pas cousin… Mais... Leurs arrière-arrière-grands-parents ont partagé une grange, une dette, et probablement une soupe. Ce qui, par Malta, ne compte pas." Explosion de joie. La musique repartit et quelqu’un embrassa Pelard dans l'euphorie. On entendit plus jamais parler de lui d'ailleurs.

Sous un hiver glacial, au sein d’un camp militaire bruyant, sous une tente insalubre, un petit autel est érigé. Devant lui une Dyrvar aux cornes et à la laine épaisse est à genoux, les mains jointes, priant, accompagnée de cinq suivants à la fatigue apparente. Un instant solennel au milieu du brouhaha ambiant qui entoure ce lieu sacré. Une voix s’approche et perturbe ce havre de sérénité que tous auraient voulu voir prolongé. La porte s’ouvre. On porte Lyr, un soldat revenu du front. On l’assoit sur un banc recouvert de laine. Elle se lève. Il est temps de reprendre ses fonctions.

Solène commence sans un mot. Elle soulève l’habit pour constater une large balafre au torse. Encore un qui a voulu jouer au héros. La blessure est aussi physique que mentale. Il s’est égaré. Dans un murmure, elle dépose sa senestre contre la plaie. Un fil rouge naît de la blessure, fin, luminescent, et va joindre Solène et ses suivants au torse. Quand tous sont liés, la cultiste dépose ses doigts contre les tempes de Lyr. L’air s’alourdit et les fils semblent pulser au rythme de leur cœur, résonnant avec celui du blessé. La balafre se résorbe avec une lenteur insoutenable, et des grimaces se dessinent sur les visages. Mais tous tiennent bon. Lyr revient à lui, mais son visage se comprime d’un tourment invisible à l'œil nu. Alors Solène entonne d’une voix chaleureuse et maternelle, au rythme de ses battements de cœur. “Lyr. Tu es sauf. Reviens.” Là, le soldat se détend, apaisé et revient chez les vivants.

Le Lien Inébranlable

Le Culte de l’Unité est l’un des cultes les plus répandus au sein de la Brèche. La Foi de Malta se tisse depuis le Premier Âge, bien avant que les premières murailles ne s’élèvent, et que les royaumes connus ne naissent.

Ses cultistes, principalement les Möltos, plus proches enfants de Malta, se rencontrent rarement seuls. On les trouve au cœur des communautés les plus solides : dans les Royaumes Frels, au Capitole, dans les guildes marchandes les plus prospères, les compagnies les plus fiables et les villages les plus résilients de la Clairière de l’Est. Leur présence fait naître et durer une fraternité rare. Ils sont les tisseurs patients des liens qui résistent aux tempêtes.

Les voix de Malta résonnent sous forme de maximes simples, murmurées autour des feux, gravées sur les seuils des maisons, répétées comme des promesses mutuelles :

  • Mène ton prochain vers sa voie.

  • Accompagne ton prochain vers la guérison.

  • Lénifie ton prochain de ses afflictions.

  • Transmet tes bénédictions à la communauté.

  • Accepte de devenir le pilier de la communauté.

Ainsi Malta rassemble une grande diversité de fidèles : des guérisseurs qui veillent sur les plus faibles, des capitaines qui ramènent chaque blessé au foyer, des mères et pères qui considèrent tout enfant du quartier comme le leur. Le Culte de l’Unité s’épanouit partout où des cœurs décident de battre à l’unisson : dans les grandes cités grouillantes, les ordres qui refusent de laisser un seul des leurs derrière et partout où l’on comprend que la force naît du nombre et de la confiance.

L’Union fait la Force

Les prêtres de Malta sont les gardiens des liens, patients, constants, attentifs. Ils placent la survie, la joie et la croissance du groupe au-dessus de toute gloire personnelle. Ils sont les piliers de l'Unité au cœur des communautés qu'ils fréquentent. Ils protègent, soignent et accompagnent. De leurs miracles, ils font briller les plus grands atouts de leurs groupes, et permettent aux plus forts de soutenir les plus faibles.

Qui tend la main vers un enfant de Malta trouve un allié qui ne juge pas, qui ne compte pas les dettes, qui ne demande que leur présence à ses côtés. Ils enseignent que l’Unité n’est pas une chaîne qui contraint, mais un fil vermeil qui nous relie librement les uns aux autres.