« L'Univers est vaste. Ses paysages, sa faune, sa flore, ses cultures et ses mystères sont d'une innombrable variété et l'histoire qui a façonné les mondes est trop longue pour être résumée. Ainsi, les érudits étudient et consignent les facettes de cette réalité en de larges ouvrages. C'est en l'un d'eux que vous trouvez réponse à vos questions. »
La Vallée des Dames et les Kelts... Leur apparente simplicité mêne souvent à les sous-estimer, mais n'oubliez pas qu'ils sont l'un des rares peuples à ne jamais avoir été conquis, pas même par la Théocratie... - Chancey Norwich, Sorcière du Nord
La Vallée des Dames (Ladi Laakso en ladivir, langue féérique) est le nom donné à la vallée jalonnée et fertile peuplée par les Kelts depuis des âges reculés. Terre paisible de traditions immuables, il est dit que derrière chacun de ses ruisseaux et chacunes de ses roches se cache une histoire, un témoignage de ses habitants de jadis. Jamais conquise par la force, il s'agit d'un des rares lieux où le Panthéon Sauvage n'est que peu présent, l'antique Théocratie n'ayant jamais réussit à mettre aux pas les irréductibles Manars la peuplant.
Voici des exemples de personnages venant de la Vallée des Dames :
Principalement entourée par la Sylve, la Vallée des Dames n’est pourtant séparée des Domaines de Lumière, à l’ouest, que par une fine bande de celle-ci. La seule frontière terrestre historique qu’elle partage est au nord-est avec les Monts Écarlates de l’Empire de Pierre. Plus récemment, les expériences dvars ont mené à l’accident de Blauerscham, transformant une partie de la Sylve en un cauchemar de cristal que peu souhaitent traverser. Cette région s’étend du sud de la Vallée des Dames à l’ouest des Monts Verdoyants.
Le climat tempéré de la zone et les paysages oscillant entre des bois profonds, de grandes plaines et quelques reliefs en font le territoire de villégiature idéal pour, en plus des Kelts et des nombreuses autres races qu’ils accueillent avec joie, de nombreuses espèces de Dyrvars, accompagnés, comme partout, d'Alfars Ancestraux. La plus prédominante de ces tribues est certainement les Carnutes (Dyrvars Cerfs), vivant en harmonie avec les Kelts depuis aussi longtemps que les récits de druides se souviennent. En plus de ceux-ci, la vassalisation par l'Empire de Pierre a mené à une immigration d'une petite population Dvar et Waraboucs, qui sont cependant forcé de vivre dans le respect des règles de la Vallée, en respectant les traditions locales.
Le sud de la Vallée des Dames est connus pour ses lacs, ou lochs, en Kelvir, parmi les plus larges - et surtout profonds - de la Brèche. De par leur taille et leur beauté, les Grands Lochs, telle qu'ils sont nommés, sont sujets à de nombreuses légendes. Des apparitions fantomatiques, d'étranges créatures qui vivraient en leur fond, voir même des fées sortant de leurs eaux pour donner armes et dons à un guerrier élu... Tous ces contes et bien d'autres circulent à leur sujet. Cela a provoqué l'attention de nombreux curieux, et une expédition a été organisée récemment par un Dvar du nom de Seehrig Rheimpfer, à bord d'un appareil submersible strömique, au début du Troisième Âge. Malheureusement, à sa troisième sortie, l'expédition n'a jamais refait surface, son destin encore inconnu de nos jours.
La Vallée des Dames est probablement, avec le Nord, l'une des régions de la Brèche où la tradition orale est la plus important. Le récit de la création du monde par les Dames, aussi appelé Breith an Ladi, ou la Naissance des Dames, est un récit que chacun de ses habitants connaît, celui-ci leur ayant été répété plusieurs fois par le druide de son village. A l'inverse, les traditions orales de la Vallée des Dames mentionnent moins les exactions Neivars que d'autres régions de la Brèche, faisant de la Vallée des Dames une région dans laquelle les caravanes Maalkvis peuvent circuler en relative sécurité.
En plus de ces récits et des traditions partagés par tous les habitants de la Vallée, nombreuses sont les histoires ou légendes propres à certains clans, transmises de génération en génération, étant par la même amplifiées ou déformées. Cela fait de l'étude de l'histoire de la Vallée une affaire particulièrement hasardeuse, surtout pour des historiens étrangers à cette culture, qui se retrouvent facilement perdus dans un déluge de sources contradictoires et particulièrement peu fiables. Dans tous les cas, les habitants de la Vallée des Dames ne font que peu de cas de l'histoire et des conventions en dehors de leur vallée. Inintéressés par les livres poussiéreux détaillant toute l'histoire du monde, seuls quatre événements de l'histoire du monde ne sont connus de tous :
Si le reste de la Brèche appelle l’Ère de la Foi ainsi, pour les Kelts, elle porte le doux nom d’Ère des Légendes. Aujourd’hui encore, les enfants demandent régulièrement aux druides de raconter les histoires des grands guerriers qui réussirent à repousser la Théocratie durant la Guerre des Hommes. C’était l’époque où les Fées marchaient librement parmi les hommes, les aidant à vivre et à se battre durant la Guerre des Fées. Cette période culmina finalement avec la Descente du Printemps, quand Eveline elle-même descendit au sein de la Vallée des Dames, alors que les Armées de la Théocratie étaient aux portes de la Breith an Ruith. Entonnant un chant avec l’ensemble du peuple Kelt, elle balaya les forces du Dieu de la Guerre et, dans une mélopée telle qu’il n’en avait pas été entendue depuis la Création, remodela complètement la Vallée des Dames, dissimulant la Breith an Ruith au sein de la brume de Kiara pour que nul ne puisse tenter de la détruire de nouveau. Son œuvre achevée, elle sourit aux Kelts, et partit avec la majorité des Fées, mettant fin à l’Ère des Légendes. On dit néanmoins que certaines d’entre elles, s’étant épris de mortels, restèrent encore quelque temps, jusqu’à la mort de leurs amants avant de les rejoindre dans la Brumeterre.
Plusieurs décennies après la fragmentation du Grand-Royaume Frel, les Kelts, menés par l’un d’entre eux qui aspirait à la grandeur, ont mené un raid sur la Cathédrale Vermeille en plein milieu du Tionol, pour y dérober le Calice Carmin. Ce dernier était un artéfact légendaire, ayant permis le partage du sang du Dieu-Roi entre ses fils après sa mort. Le groupe réussit alors deux choses semblant auparavant impossibles : voler le Calice, et unir une nouvelle fois tous les Royaumes Frels contre un ennemi commun. Les armées sanglantes s’aventurèrent ainsi dans la Vallée des Dames, pour retrouver l’artefact, avant d’être repoussée par les tribus Kelts grâce à une attaque simultanée des Dvars, qui les força à retirer une partie de leur armée pour ne pas laisser leurs Royaumes sans défense. Le conflit entre les Frels et les Kelts continua ainsi jusqu’à l’annexion des Kelts par l’Empire de Pierre qui fit craindre aux Frels un conflit de plus grande envergure, jugé inutile pour une relique dont le pouvoir est déjà épuisé et l’importance purement symbolique. Le coupable disparu d’ailleurs avec l’artéfact, ayant visiblement décidé de l’emmener avec lui afin de rejoindre la Brumeterre.
L’annexion par l’Empire de Pierre des Kelts se fit de manière étrangement pacifique pour un peuple Manar. Acceptée à la quasi-totalité par le Conseil des Druides, cela fut fait au travers d’un pacte de vassalisation qui postulait en échange de laisser une autonomie politique relative aux Kelts, ainsi que la non-implémentation de technologie Ström dans la Vallée de la Dame. Ces termes ont pour l’instant était plutôt bien respectés, même s’il arrive que les Kelts ne doivent faire des rappels de celui-ci aux dignitaires de l’Empire qui lorgneraient bien sur des territoires supplémentaires où mettre leurs industries, notamment depuis l’accident de Blauerscham. Cet accident a d’ailleurs provoqué un exode de certains druides, qui essayent depuis lors de redonner son aspect d’antan à la nature de la zone, en vain.
Lors de l'Ere des Archimages, Magnhilde Herling, le Fléau Blanc du peuple Skald, dévoreuse de chaire folle à lier, est descendue jusqu’en territoire Kelt, durant la Cadal. Sa raison lui ayant été rendue par la Wisehead, elle demandait aux Druides croisant sa route de lui ouvrir un passage vers la Brumeterre. Ses premiers raids furent dévastateurs, détruisant presque complètement certains clans Kelts, ainsi que des tribus Dyrvars. Ne pouvant laisser cela continuer, et malgré une saison peu appropriée aux arts de la guerre, les Kelts et Dyrvars firent une alliance, réunissant une petite armée le plus rapidement afin de la mettre sur sa route, composée de guerriers compétents et même de quelques armes Ströms, tant les lames ordinaires semblaient ne rien faire à la monstrueuse cannibale. Ils réussirent à intercepter Magnhilde le soir venu, mais malheureusement pour eux, cette soirée coïncida avec la Lune de Sang, un événement astronomique laissant apparaître une lune rougeâtre dans le ciel, et qui démultiplient les pouvoirs des pratiquants de la magie Skald.
L'armée manqua de se faire massacrée, mais elle fut protégée in extremis par le Conseil des Druides. Utilisant le Cadal, période durant laquelle le lien entre la Brumeterre et la Brèche est à son plus fin, ils créèrent un immense portail, tandis que les spectres fantomatiques des anciens Kelts se joignirent à la bataille. Incapable de les dévorer, Magnhilde n'eut d'autre choix que de se résoudre à la retraite, blessée par les lances et lames spectrales de ses combattants d'un autre temps. La violence de cet événement mena de nombreux guerriers Kelts à prendre les armes contre la Wisehead, et à se joindre à l'Armée de Pierre pour la Bataille du Capitole.
Bien que sous l'égide officielle de l'Empire de Pierre, la Vallée des Dames est un territoire indépendant, régit par ses propres lois. En son sein, aucun gouvernement centralisé n'existe : le pouvoir est réparti au sein de nombreux clans, chacun controllant en général leur village. Chaque clan a un mode de gouvernement qui lui est propre, même si tous ont, en général, un druide en tant que conseiller spirituel. Ce dernier a pour rôle de garantir le respect des traditions par le clan, d'interprèter la volonté des Dames et de s'assurer qu'aucun de leur tabou ne soit bafoué, sous peine de s'attirer leur ire.
Les habitants de la Vallée des Dames vénèrent les Dames, figures légendaires qui seraient à l'origine du monde, et incarnation des quatre saisons, résidant actuellement dans la Brumeterre. A l'inverse d'autres Cultes, leur vénération ne se fait pas au travers de la prière, mais plus par le respect du mode de vie que les Dames leur aurait enseigné, un mode de vie pétris de traditions et de tabou, changeant en fonction des saisons. Les Druides sont ceux en charge de les guider sur cette voie. Plus que de simples conseillers, les Druides sont également les garants d'un savoir ancestral, passé de druide à druide par tradition orale : le Chant des Dames (Ladi Runo en ladivir). Celui-ci permet à ses pratiquants de s’unir à la Vallée des Dames pour profiter de sa puissance ancestrale.
Par la poésie et la musique, les druides renforcent et meuvent la nature et ses multiples visages avec qui ils échangent leurs pensées et leurs sens. Qu’ils soient sédentaires et gardiens de lieux mystiques ou nomades et missionnaires, les druides n’ont pas assez d’une seule vie pour espérer se lier à la Vallée des Dames toute entière. Ainsi, tous entretiennent un lien unique avec un Fragment de la Vallée, que cela soit une pierre, un arbre, un nuage, un oiseau ou même une fourche. Les druides se regroupent alors avec ceux partageant un Fragment similaire pour former des Domaines représentant les plus larges facettes de la nature. Guidé par un archidruide chacun, ces Domaines (certains secrets d’autres connus), oeuvrent à la protection de la Vallée des Dames et de ses habitants.
Voici les figures connues de la Vallée des Dames :
La plupart des Dvars privilégie un style d'habillement très pratique, se vétant de leurs habits professionels. La plupart de la mode de l'Empire ne passe ainsi donc pas par l'habillement, mais par les bijoux, avec notamment une véritable culture de la tresse. Qu'il s'agisse d'une barbe, de cheveux ou d'un pelage, les préférences de l'Empire veulent qu'ils soient tressés et ornés de divers broches et autres parures. Il n'est par ailleurs par rare de voir les races sans poils résidant dans l'empire de copier ce style, avec des cordes décorées suspendues à leurs plumes, placées dans leurs vêtements ou autre. Concernant les bijoux, la beauté de ceux-ci est souvent plus associée à la minutie du travail effectué dessus qu'à la largeur de la pierre, ou à l'arrangement des couleurs.
Les habitants de la Vallée des Dames sont un peuple paisible. Sans volonté expansionniste, il ne leur en faut pas beaucoup pour être heureux : seulement l’accès aux ressources vitales et un peu de place pour s’installer et se développer. Ce manque d’ambition et de volonté de progrès est par ailleurs mal vu par la société Dvar, habituée à la productivité à outrance, l’expression péjorative “Heureux comme un Kelt” servant même à désigner quelqu’un sans ambition, se contentant de peu.
Assez proches de la Nature, ils chassent, cueillent et pêchent en se limitant afin de ne pas nuir à l’écosystème, guidés en cela par leurs druides (bard en ladivir), qui définissent les limites nécessaires afin que la tribu puissent jouir d’une existence confortable sans nuir aux autres êtres vivants. Cette importance des druides se retrouvent d’ailleurs dans les croyances et superstitions, éléments centraux de la vie Kelt, par leur rôle d’augure et de guide. Ce rôle est parfois aussi endossée par des Fées, messagères des Dames nées des fruits et des rivières. Celle-ci sont néanmoins beaucoup plus rares, et la plupart des habitants de la Vallée des Dames n'en voit de leur vie. De par leurs apparences similaires, il est d'ailleurs commun que des habitants de la Vallée en voyage confondent certains Alfars de Lumière avec celles-ci.
En effet, il n’existe d'habitant de la Vallée qui ne soient superstitieux : les superstitions guident leur vie, ponctuées par les traditions de leur peuple et la marche inlassable des saisons. C’est en les suivant que l'habitant construira sa légende. Car là est le désir de tous les enfants de la Vallée, réussir à devenir un grand nom, une figure importante pour les autres de son peuple afin de réussir, à sa mort, à franchir le brouillard entourant la Brumeterre, lieu légendaire où vivent les Immortels et où peuvent couler des jours heureux les grands Kelts de jadis pour l’éternité.
Plus que de simples fêtes, les divers festivités de la Vallée des Dames sont des traditions importantes marquant le passage des saisons et le cycle éternel des Dames.
Le Breith célèbre la fin de l’ancienne année et le début de la nouvelle. De par la bénédiction de la Dame Bleue, cette fête est notamment dédiée à la purification de soi et à la planification de l’année à venir, pour en diminuer les risques. Surtout portée sur la famille, cette fête est également l’occasion de célébrer les naissances, et pour cause : c’est à ce moment que les Kelts, qui ne gardent pas les anniversaires précis en mémoire, ajoutent tous un an à leur âge. Les nouveaux-nés sont donc officiellement âgés d’un an à compter de ce jour.
Alors que les derniers gels fondent, et que la verdure revient, l’Anaïl célèbre la fin du repos hivernal et le retour à l’activité, alors que la Dame Verte vient raviver les cœurs des Kelts. C’est une période d’activité intense chez ceux-ci, alors que sont lancés les “Première chasse”, “Première pêche”, “Première plantation” et ainsi de suite : peu compétitif, il s’agit plutôt de redoubler d’ingéniosité pour créer de nouvelles méthodes qui pourront être utilisées durant l’année, avec plus ou moins de succès. C’est également une saison propice aux ébats amoureux : on dit que toute activité de la sorte avec pour but d’obtenir un enfant sera couronnée de succès, Eveline voulant donner le sourire à Gwennaëlle avec pleins de nouveaux bambins pour l’hiver à venir.
Au milieu de l’année, zénith métaphorique de celle-ci, se trouve le Tionol, célébration de Morrigan, la Régente des Cieux. C’est un moment propice pour tout ce qui a trait à la gouvernance ou vie politique. C’est également la période des mariages, déclarations de guerre et autres affaires officielles. Pour ceux n’étant pas déjà occupés par cela, c’est le moment où la nature compétitive des Kelts ressort : jeux, courses, luttes, concours de chant ou de musique, tous les prétextes y sont bons pour faire la compétition, et être le meilleur.
La Cadal signifie la fin de l’activité après les récoltes, et le début du repos. Se déroulant au début de l'automne, et donc placé sous la protection de la Magicienne, il est propice aux événements magiques et mystiques. Durant cette fête, les portails entre le monde des mortels et la Brumeterre sont ouverts, permettant aux morts de venir offrir conseils aux vivants sur leurs tracas actuels. Ces conseils, parfois prophétiques mais souvent énigmatiques, sont ensuite à l’origine de nombreux songes que le Kelt doit ensuite interpréter. C’est en partie pour cette raison que l’assemblée des druides a lieu sur les derniers jours de celle-ci, afin que ceux-ci aient eu l’occasion de réfléchir à ces visions oniriques.